04.06.2010
Notre blog a trois ans
Nos trois petits minous jouent à la maison un rôle dont nous n'avons pas encore eu l'occasion de vous parler : ils nous assistent dans toutes nos activités éditoriales. Quelques exemples...

Lors de l'ouverture matinale des bureaux des Éditions du Puits de Roulle, la position de la souris est soigneusement vérifiée et les poussières sur l'écran sont nettoyées.

Le PC est allumé.
Euh... c'est quoi déjà, le mot de passe ?

Le siège est contrôlé soigneusement, rien n'est laissé au hasard.

Et même contrôlé de très près, on est pros ou on ne l'est pas.

Les livres en cours de réalisation sont empilés près de l'ordinateur.

<--- Ici, le département comptabilité.

Là, les archives, classées avec soin selon un ordre secret --->

Voilà, ça peut ouvrir, tout est prêt.

L'éditrice s'assoie à son poste, fermement maintenue à la base des reins pour éviter tout problème de dos.

Et ce n'est pas tout, ils font aussi des heures supplémentaires pour m'aider à choisir les photos des Contes des chats qui dorment.

... avant de prendre un repos bien mérité.
Très belle journée à vous
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29.07.2009
Tournée des Moines 2009
tag Art nouveau

Comme souvent, pendant cette première semaine de vacances, nos pas nous ont menés vers un endroit sacré.
Nous étions sur Paris pour l'après-midi avec Anna car j'y avais un rendez-vous important. En attendant l'heure H, j'ai voulu lui faire découvrir les succulents sandwichs grecs de mon ami Grégoire qui tient la boutique Apollon, rue Raymond Losserand. Nous nous sommes régalées et, comme il nous restait encore quelques minutes et que la chance semblait être au rendez-vous elle aussi, j'ai eu envie de faire découvrir à Anna un lieu unique que j'aime beaucoup, pas souvent ouvert malheureusement : Notre Dame du Travail située juste à côté, entre la rue Vercingétorix et la place de Catalogne dans le XIVe arrondissement.
Concernant l'histoire de cette église, voici ce qu'on peut lire sur la plaque, devant le bâtiment :Depuis que les Expositions Universelles se tenaient au Champs de Mars, les centaines d'ouvriers chargés d'œuvrer à ces manifestations logeaient dans le XIVe arrondissement.
Pour eux fut construite, entre 1899 et 1901, en remplacement de Notre Dame de Plaisance, devenue trop petite, une nouvelles église placée sous le vocable de notre Dame du Travail.
Aux façades extérieures en meulières, moellons et pierres de tailles, de style roman, l'architecte Jules-Godefroy Astruc a opposé un intérieur aux voûtes formées d'arceaux métalliques, portées par de fines colonnettes en fer, qui donnent à l'édifice une clarté et une légèreté exceptionnelles.
Les fermes de fer proviendraient du Palais de l'Industrie construit pur exposition universelle de 1855 et démoli en 1899 pour faire place aux Grand et Petit Palais. De même, les moellons des façades latérales proviendraient du Pavillon des Tissus de l'exposition universelle de 1900. La cloche est une prise de guerre de Sébastopol (1854), offerte pas Napoléon III aux habitants de l'ancienne commune de plaisance et placée dès 1861dans l'ancienne église.
Un édifice au tournant du siècle dont l’histoire pourtant commence bien avant, au milieu du XIXe car sa construction au début du XXe siècle résulte du long travail de collecte financière et de l’engagement social d’un homme : le père Soulange-Bodin comme nous le montre très bien ce document signé Cécile Dupré Conservatrice du patrimoine. Conservation des œuvres d’art religieuses et civiles de la Ville de Paris.

Notre-Dame-du-Travail (Paris), une église au tournant du XIXe siècle et du XXe siècle.
L’église Notre-Dame-du-Travail, protégée au titre des monuments historiques depuis 1976, s’élève rue Vercingétorix, dans le quatorzième arrondissement de Paris. Son ossature métallique apparente l’inscrit dans la catégorie des architectures innovantes, nombreuses au tournant du siècle, comme Saint-Jean-de-Montmartre. Ces édifices associent souvent contraintes économiques et solution ingénieuse.
C’est le cas encore ici. Mais l’intérêt de Notre-Dame-du-Travail va au-delà de cette question du choix des matériaux auquel on la cantonne généralement. En effet, l’histoire de cette église commence bien avant, au milieu du XIXe siècle, et son édification au début du XXe siècle résulte du long travail de collecte financière et de l’engagement social d’un homme : le père Soulange-Bodin.
L’inventaire mené entre octobre et décembre 2007 par la Conservation des œuvres d’art religieuses et civiles (COARC) de la Ville de Paris a permis de mieux comprendre l’histoire des œuvres présentes dans cette église, mais également de prendre conscience de l’histoire sociale d’une paroisse et de l’engagement personnel d’un homme dans une époque de rapports de force entre l’Église catholique et l’État français.
Cet article vise à rendre compte de l’histoire de cette paroisse, de son église, et de ses décors. Il souhaite également mettre en lumière la méthodologie de l’inventaire qui, si elle n’est pas propre aux églises de cette période, n’en n’est pas moins particulière, au sens où elle prend en compte des objets souvent délaissés dans des édifices plus anciens et dont les œuvres sont plus insignes. La collecte d’informations dans ce type d’édifice nous rappelle le nécessaire ajustement du champ de l’inventaire à l’histoire du bâtiment.
Située dans le quartier de Plaisance, cette église a porté plusieurs noms qui rappellent les étapes successives de sa construction. En 1835, une chapelle de secours dédiée à l’Assomption est installée dans un modeste local pour répondre aux besoins des paroissiens rattachés à une église trop éloignée : Saint-Lambert de Vaugirard. Vers 1845, cette chapelle de secours est réédifiée en bois dans l’actuelle rue du Texel, puis instituée paroisse par Mgr Affre, archevêque de Paris, en mars 1848. Elle est alors connue sous le nom de Notre-Dame de l’Assomption de Plaisance.
À la suite de l’annexion des communes limitrophes en 1861, la paroisse intègre le territoire parisien et change de dédicace pour devenir Notre-Dame-de-Plaisance. Cette chapelle est agrandie en 1865. À cette occasion, l’empereur Napoléon III offre à la paroisse une cloche prise au siège de Sébastopol, ainsi que des ornements de drap d’or.
Parallèlement, le quartier de Plaisance qui jusqu’à la Monarchie de Juillet réunit avant tout des carrières (en activité jusqu’en 1807) et des lieux d’agrément, connaît un formidable essor démographique. En 1850, on dénombre 2 000 habitants, en 1856, 10 000 paroissiens. En 1897, le père Soulange-Bodin déclare 35 000 habitants sur sa paroisse dans son appel à souscription.
Pour répondre aux besoins d’une population ouvrière pauvre, la paroisse fait inaugurer par l’archevêque de Paris en 1872 un « fourneau économique » qui distribue jusqu’à deux mille repas par jour, une crèche pouvant recevoir cent enfants, un vestiaire et une salle de conférence pour les ouvriers.
Tout cela provoque l’endettement de la paroisse, et retarde la reconstruction de l’église. Le jeune père Soulange-Bodin est nommé en 1884 vicaire de Notre-Dame de Plaisance. Celui-ci, défenseur d’un catholicisme social, poursuit les œuvres de la paroisse en fondant un patronage pour recevoir les enfants des rues, auquel s’ajoute bientôt le « Torchon », qui organise à domicile le travail des femmes d’ouvriers, leur offrant ainsi une nouvelle source de revenus.
Sont fondés également une société de secours mutuel, un cercle ouvrier, une coopérative de consommation, les conférences de Saint-Vincent-de-Paul et des secrétariats du peuple. Le père Soulange-Bodin est aussi à l’origine d’un périodique, dont la première parution daterait de 1897, appelé L’Écho de Plaisance, qui obtient un succès national et constitue une source inépuisable de renseignements sur l’histoire et la vie de cette paroisse.
Ce dynamique vicaire devient curé de la paroisse en 1896 et lance une souscription nationale pour financer la construction d’une nouvelle église, sur un emplacement offert par le précédent curé, le père Grenier, grâce au don conséquent d’un proche de Soulange-Bodin.
Après cette édification, Notre-Dame-de-Plaisance rue du Texel est désaffectée en 1903, puis démolie en 1904. La dédicace de la nouvelle église relève d’une décision du curé Soulange-Bodin, qui retient une proposition faite par l’un des vice-présidents de l’Union fraternelle du commerce et de l’industrie dans une lettre qu’il lui adresse :
« Si vous placiez votre église à édifier sous le vocable de Notre-Dame-du-Travail,
réservant un pilier à chacune des professions industrielles ou commerciales, suivant les anciennes corporations ? »
Des industriels et commerçants du quartier proposent de financer la réalisation d’une statue représentant Notre-Dame-du-Travail. Cette sculpture en calcaire blanc est toujours visible dans la chapelle de la Vierge.
La dédicace, dans l’esprit du père Soulange-Bodin, devait permettre de réconcilier les travailleurs et la religion, le travail et le capital.
Roger Soulange-Bodin, une figure déterminante
La personnalité du curé Soulange-Bodin est déterminante dans la réalisation de l’église. Son engagement sans faille pour cette paroisse fait de lui une des figures marquantes du catholicisme social du tournant du siècle.
Une plaquette éditée par la paroisse en 1985 dresse ainsi le portrait d’un « homme gai, impétueux, toujours sur la brèche, populaire, imaginatif […] bon et surnaturel ».
Jean-Baptiste, Roger Soulange-Bodin (1861-1925) est né à Naples où son père était consul général de France. Il grandit entre l’Italie et le Pays basque, d’où est originaire sa famille.
Il suit des études classiques au collège Stanislas puis entre au séminaire Saint-Sulpice à Paris. Ordonné prêtre à 23 ans, il est nommé vicaire à Notre-Dame de Plaisance, poste dans lequel il voit une mission apostolique et sociale.
Cet homme défend des idées sociales et leur donne forme en fondant les œuvres précédemment citées. Une fois nommé curé, il investit sa grande énergie dans la reconstruction de l’église. Franc-tireur, fervent démocrate, il prône aussi la séparation des églises et de l’État et rejette l’idée de prêtre fonctionnaire.
Il crée une des premières associations paroissiales françaises en septembre 1904 pour gérer les biens de sa paroisse mais refuse de la déclarer à la préfecture. Ce refus ne permet pas à l’association de posséder des biens (immeubles ou capitaux), mais le père Soulange-Bodin y voit une manière de se prémunir des saisies potentielles de la puissance publique.
Passionné de pédagogie, il publie un ouvrage Lettres à un séminariste dans lequel il défend l’idée d’une formation en économie et politique sociale pour les futurs prêtres. Il est rapidement interdit à la vente. Son caractère impétueux le pousse à s’opposer à l’inventaire des biens de la fabrique par l’administration en 1906, ce qui le conduit devant les tribunaux. Il est déclaré coupable d’avoir provoqué directement la résistance aux lois, malgré la brillante défense de son avocat, mais n’est condamné qu’à une peine symbolique.
En 1909, l’archevêque de Paris le nomme curé de Saint-Honoré-d’Eylau, après vingt-cinq années de travail au service de la paroisse de Plaisance. En 1924, il démissionne et meurt en mai 1925.
Couverture d’un appel à souscription. Jean-Marc Moser, 2008. © Ville de Paris, COARC
La souscription
Afin de rassembler des fonds pour la nouvelle église, le curé Soulange-Bodin lance un large appel à souscription dès 1897 et fait imprimer 100 000 prospectus dans lesquels il expose son projet.
Il utilise avec à-propos le contexte de préparation de l’Exposition universelle de 1900 à Paris pour mobiliser d’éventuels donateurs au-delà du seul territoire parisien.
Voici le texte édité à cette fin :
« Pourquoi une église ?
Pour unir sur le terrain de la Religion les travailleurs de toutes les classes.
Pourquoi à Paris ?
Parce que Paris est considéré à juste titre comme le centre du travail et de l’industrie.
Pourquoi dans le quartier de Plaisance ?
Parce que c’est un faubourg composé uniquement de travailleurs, qui n’a pas encore d’église pour ses 35 000 habitants, mais qui est admirablement préparé à en recevoir par un ensemble remarquable d’œuvres religieuses et sociales.
Pour quand ?
Pour 1900. Il faut qu’en venant à l’Exposition universelle, les travailleurs des deux Mondes puissent venir prier dans le sanctuaire de la Vierge du Travail. Il faut qu’en 1900, tandis que s’ouvrira le Palais des produits du travail, s’ouvre pour les producteurs du travail un grand Sanctuaire d’union et de concorde ».
Dans ce document cartonné dont la couverture est ornée d’une composition signée de Robert Salles (1871-1929), sont mentionnées les contreparties attachées aux différents montants offerts par les donateurs : « Les bienfaiteurs de 1000 francs auront droit à un écusson d’arc de voûte avec armes ou inscriptions de leur choix ».
Il est à noter qu’aucune mention de bienfaiteur n’est visible aujourd’hui dans l’église.
Par ailleurs, Étienne Moreau-Nélaton, le célèbre affichiste et futur donateur de la collection d’impressionnistes visible aujourd’hui au musée d’Orsay, offre une affiche à la paroisse pour cette souscription. On peut y lire : « Travailleurs de France ! / Apportez tous votre pierre à Notre-Dame-du-Travail ». Cette affiche est évoquée dans le numéro de mai 1897 de L’Écho de Plaisance, permettant ainsi de dater facilement cette création : Moreau-Nélaton, ami de la paroisse, a dessiné « une charmante affiche chromolithographique en faveur de la construction de notre église ».
Le curé Soulange-Bodin utilise d’ailleurs tout au long du chantier de construction L’Écho de Plaisance comme porte-voix pour ces appels de fonds.
Une fois les travaux achevés, les appels aux dons en argent ou en nature pour les ornements, les meubles, les décors continuent d’alimenter les colonnes de ce journal, dont l’audience est alors d’envergure nationale.
La construction de l’église actuelle
L’histoire de la construction de cette église peut être facilement résumée grâce à deux sources principales : un rapport sur la construction rédigé en 1897 par l’architecte Jules Astruc (1862-1935), architecte-voyer adjoint de la Ville de Paris, et les exemplaires de L’Écho de Plaisance ou de son supplément (Chronique de Notre-Dame-du-Travail) permettent de retracer les différentes étapes et les cahots de cette réalisation, entièrement financée par des fonds issus d’une souscription et de dons.
Grâce à un don, l’abbé Grenier, curé de Notre-Dame-de-Plaisance de 1889 à 1896, achète un terrain, sur lequel il fait démolir en 1891 plusieurs constructions.
Ce terrain étant situé sur des anciennes carrières, de longs travaux de consolidation s’ensuivent de 1891 à 1894. Les travaux de fondation et de fouilles se poursuivent de 1896 à 1897.
Pour justifier la capacité de la paroisse à financer son projet jusqu’à terme, l’architecte détaille ensuite les matériaux qui vont être mis en œuvre et les différents éléments de la construction.
Il mentionne par exemple que les murs latéraux et de façade seront en pierre meulière, tandis que le banc royal de Saint-Maximin sera choisi pour les encadrements de baies et les rosaces.
Il spécifie aussi que « la construction des piles et arcs intérieurs, celle des voûtes, charpente de comble, remplissage de voûtes serait en fer étudiée par la maison Moisant ». Cette indication permet de réfuter l’hypothèse longtemps retenue selon laquelle la charpente de Notre-Dame-du-Travail proviendrait de la démolition du palais de l’Industrie.
Les exemplaires de L’Écho de Plaisance conservés aux archives de l’Archevêché ou à la Bibliothèque Nationale de France permettent de compléter ces éléments.
Le numéro de septembre 1897 montre une photographie du chantier en cours. Dans le supplément de novembre 1898, le curé est heureux d’annoncer que « la crypte est finie ». Elle est bénie le 12 novembre.
La Chronique de Notre-Dame-du-Travail d’avril 1900 indique : « les murs en meulière de l’église supérieure sont commencés et, à la carrière, on taille les grandes pierres de la façade ».
En revanche, dans le même périodique daté de juin 1900, le curé se désole de voir les travaux bientôt suspendus faute de fonds. Mais L’Écho de Plaisance de mai 1901 annonce la reprise des travaux grâce à un don de 50 000 F offerts à la suite d’un miracle réalisé à Lourdes.
On apprend également que la maison Moisant et Compagnie travaille à l’ossature métallique qui doit être mise en place en juillet. Dans cette même revue, nous pouvons suivre les dernières étapes de la réalisation en 1901 : en juin, la tribune de l’orgue est achevée ; « le 21 août la croix qui termine la façade a été montée, scellée et bénite » ; en décembre, la pose des vitraux a commencé. Après divers aménagements intérieurs, réalisés grâce à de nouveaux dons, la nouvelle église est finalement inaugurée en avril 1902.
La Chronique de Notre-Dame-du-Travail de juillet 1902 annonce que la précédente église installée rue du Texel est désormais fermée définitivement. Elle est détruite en 1904.
Enfin, une troisième source finit de détailler la chronologie des travaux de construction : il s’agit des notes d’un érudit local prises à partir des archives de la paroisse.
Un rapport de la fabrique du 27 septembre 1899 explique que les 750 000 F nécessaires à la construction du plan primitif paraissent trop difficiles à rassembler et que le curé a donc demandé à l’architecte d’étudier un nouveau plan.
Celui-ci présente des charpentes en fer agrémentées de céramique et un plafond plat. Un rapport de la fabrique d’avril 1900 explique que le plan primitif soumis à l’administration municipale en 1897 reste inchangé quant à sa forme, mais que le mode de construction est modifié.
Il est également décidé de supprimer les clochers et les voûtes, ainsi que de substituer le moellon à la pierre de taille. Tout au long de ce chantier, la question financière a donc joué un rôle central.
Vue de la charpente métallique de Notre-Dame-du-Travail. Jean-Marc Moser, 2007. © Ville de Paris, COARC
L’architecture de Notre-Dame-du-Travail
L’architecte choisi pour la réalisation de cette église est Jules Astruc. Cet élève de Victor Laloux (1850-1937) à l’École des beaux arts réalise à la même période l’école de Saint-Aignan, rue des Ursins, en 1899, puis, entre 1909 et 1911, l’église Saint-Hippolyte. Pour le projet de Notre-Dame-du-Travail, il livre successivement trois plans qui, à chaque fois, tentent de réaliser une économie par rapport à la proposition précédente. Une première proposition est donnée en septembre 1886, puis un projet plus modeste en 1897, dont les éléments sont détaillés dans le rapport précédemment cité ; faute de moyens, le projet est encore aménagé en 1899.
Le choix du métal n’apparaît qu’à partir du projet de 1897. C’est un choix par défaut qui se comprend par la nécessité de rendre la construction la moins onéreuse possible. Mais de cette contrainte économique, le père Soulange-Bodin fait une réponse aux besoins spirituels des couches populaires de la société. Certes ce matériau permet de couvrir de vastes espaces avec peu de piliers ; mais, selon lui, il offre aux ouvriers de la paroisse un cadre familier, proche de celui qu’ils connaissent dans le monde du travail.
À l’époque, le fer est utilisé à cette échelle exclusivement dans les bâtiments civils et, plus précisément, les édifices utilitaires (gares, usines, halles…). A contrario, le choix de la façade est plus conventionnel.
Vue de la façade de l’église Notre-Dame-du-Travail. Claire Pignol, 2007. © Ville de Paris, COARC.
L’architecte propose une formule s’inspirant des façades romanes. Notre-Dame-du-Travail se présente donc comme un compromis architectural entre une nef audacieuse et un extérieur accompagné de chapelles absidiales plus traditionnelles.
Cette esthétique de l’entre-deux, évoquée par Simon Texier, a nourri pendant près d’un siècle une certaine controverse sur la place à donner à Notre-Dame-du-Travail dans l’histoire de l’architecture religieuse du XXe siècle. Pour ses détracteurs, il semble évident que l’usage du fer apparent dans une église ne répond pas à la fonction symbolique et sacrée du lieu.
Cet argument se retrouve à des dates différentes. Jean Bayet écrit en 1910 : « Ce charpentage exclusivement métallique, avec ses nervures et ses ramifications hardiment projetées, donne à ce monument un aspect fort curieux, mais peu conforme, il faut bien l’avouer, au caractère d’une église ».
L’ouvrage de Dumolin et Outardel reprend ces notions de hardiesse et de légèreté mais souligne également le fait que cette charpente correspond peu au caractère d’une église. De même dans Les Cahiers d’Art Sacré, un article extrêmement critique assène en 1946 : « Les soucis plastiques et spirituels étaient purement et simplement éliminés ; et l’on prétendait qu’ils étaient satisfaits si la construction était logique ».
Pourtant, dès 1903, un article de La Construction Moderne porte un regard beaucoup moins intransigeant sur l’architecture d’Astruc.
Il rappelle que l’intérêt de cette construction se résume à sa grande économie et au fait que la charpente métallique pourrait être celle de toute salle de réunion un peu vaste. L’auteur prend ainsi l’exact contre-pied des reproches habituellement émis à l’encontre de cette église.
Dans un autre numéro de La Construction moderne, l’auteur souligne que chaque matériau employé (pierre, bois, fer, brique) a conservé son caractère propre et que l’harmonie générale de l’ensemble résulte de cette juxtaposition simple qui ne se farde ni d’enduits ni de peintures. Il note aussi que les murs latéraux, les contreforts et les murs du presbytère sont en vieux moellons durs qui proviennent en grande partie de la démolition des abattoirs de Breteuil. L’article indique enfin que les arcs en fer sont cintrés, évitant ainsi le rapprochement trop évident avec les constructions civiles ou industrielles.
Il est vrai que ce choix relève là encore du compromis esthétique et révèle sans doute également combien il était difficile à l’époque d’associer ce type de mise en œuvre à un édifice sacré, même pour un prêtre aussi frondeur que Soulange-Bodin.
Plus récemment, les ouvrages évoquant Notre-Dame-du-Travail traitent de cette architecture en la replaçant davantage dans son contexte.
Le débat s’est apaisé ; il n’est plus question de savoir s’il s’agit de bonne ou de mauvaise architecture pour une église, mais bien de comprendre le sens de cette architecture dans son temps.
Ainsi en 1971, Marc Hemery rapporte les nombreuses contraintes économiques qui ont influé sur le chantier et conclut ainsi son article : « Le volume est sans doute plus vaste et les espaces moins bien définis ; ils annoncent, naïvement peut-être, la grande fluidité des espaces qui sera le propre de l’architecture du XXe siècle ».
Bernard Violle en 1982 revient sur la coexistence à Notre-Dame-du-Travail de l’innovation technique et d’un certain archaïsme, visible dans la chapelle de la Vierge et sur la façade néoromane. Cette coexistence est, à ses yeux, symptomatique « des aspects contradictoires pour nous de la mentalité chrétienne qui a promu la J.O.C. et le syndicalisme chrétien ».
Dans la lignée de ces livres et de leurs successeurs, nous tenons à souligner ici l’importance des contraintes économiques auxquelles la paroisse a dû faire face. La modestie même de cette architecture, son ambivalence, nous permet de comprendre par qui et surtout pour qui elle a été réalisée. L’architecture métallique offre un vaste espace couvert à moindre coût, la façade en pierre quant à elle confère l’aspect sacré traditionnel, indispensable aux fidèles.
Le décor de Notre-Dame-du-Travail
L’architecture de Notre-Dame-du-Travail ne se comprend pleinement qu’en association avec le décor intérieur réalisé à la même époque, et qui répond de façon plus didactique à la mission apostolique du père Soulange-Bodin.
La large nef est flanquée de dix chapelles décorées de lignes florales peintes au pochoir, donnant un certain charme Art nouveau à l’ensemble.
Ce décor au pochoir encadre des toiles au format cintré qui représentent plusieurs saints, patrons des travailleurs et des opprimés.
Soulange-Bodin a pour cet ensemble fait appel à deux peintres du voisinage : Giuseppe ou Joseph Uberti et Émile Desouches dont la signature curieuse a longtemps fait penser qu’il existait un peintre méconnu portant le patronyme d’Erdès.
Uberti signe la plupart des compositions : Saint Joseph patron des menuisiers et charpentiers, Sainte Geneviève patronne de Paris, Saint Vincent de Paul protecteur de l'enfance, Saint Éloi et Saint Luc patron des artistes ouvriers d'art, tandis que Desouches compose Saint Fiacre ou Ermite de Plaisance et Saint François d'Assise, dont la facture paraît plus faible que celle des œuvres du peintre italien.
Uberti, Joseph. Saint Éloi, patron des ouvriers métallurgistes, 1899. Jean-Marc Moser, 2007. © Ville de Paris, COARC.
Ces peintures veulent rendre hommage au monde du travail au travers de saints protecteurs, démarche imitée du Moyen Âge.
C’est bien l’esprit de la lettre qu’un des vice-présidents de l’Union fraternelle du commerce et de l’industrie adresse en 1896 au nouveau curé de Notre-Dame-du-Travail. Le curé offre une imagerie à laquelle les paroissiens issus des milieux de l’industrie et de l’artisanat peuvent facilement s’identifier.
Si le style nous apparaît aujourd’hui plutôt conventionnel, il soulève à l’époque quelques critiques, semble-t-il, puisqu’en 1903 il est écrit dans L’Écho de Plaisance : « Quant aux peintures, elles ne sont pas, il est vrai, du style chapelle ordinairement admis ».
De même, dès novembre 1899, L’Écho de Plaisance décrit le pinceau d’Uberti comme « original et vigoureux » et ajoute : « Si vous voulez voir quelque chose qui ne ressemble en rien aux doucereux chromos du quartier Saint-Sulpice, il faut venir visiter la crypte et admirer cette toile […] ».
La première toile exécutée par Uberti pour Notre-Dame-du-Travail en 1899 représente saint Éloi, patron des métallurgistes. Il ne pouvait pas en être autrement dans une église où le métal devait prendre tant de place.
Un autre artiste, représenté dans d’autres églises parisiennes, a réalisé la longue composition qui orne l’abside de la chapelle de la Vierge. Il s’agit de Félix Villé. Ce tertiaire dominicain réalise ici sa dernière grande œuvre en 1904 ; elle s’intitule Notre-Dame du Travail secours des affligés. Villé organise sa composition en deux mouvements allant vers le fond de l’abside : à gauche les travailleurs, à droite les sans-travail.
Tous sont accueillis par deux anges qui les introduisent auprès de Notre-Dame du Travail. En effet, cet ensemble peint ne se comprend qu’avec la présence au fond de la chapelle d’une autre œuvre : la sculpture de Notre-Dame du Travail proposée à la paroisse par des industriels et des commerçants du quartier. Elle est l’œuvre en 1898 de Joseph Lefèvre (1836-1911), sculpteur habitant aussi la paroisse.

Lefèvre, Joseph. Notre-Dame du Travail, 1898. Claire Pignol, 2007. © Ville de Paris, COARC.
Cette sculpture étonnante taillée dans un bloc de 7000 kg et bénie le 22 mai 1898 remporte un grand succès auprès des paroissiens.
Elle représente la Vierge assise et l’enfant Jésus debout à son côté portant un maillet de charpentier. Sur le socle sont représentés des symboles du travail.
Ce décor correspond à deux tendances fortes de l’art de cette époque. D’une part, la réelle imbrication entre les différents éléments du décor nous rappelle la notion d’art total, chère aux tenants de l’Art nouveau et qu’on trouve ici dans le rapport étroit entre les peintures au pochoir et les peintures de chevalet, entre la peinture murale et la sculpture.
D’autre part, certaines œuvres intègrent des éléments de la modernité notamment dans la représentation du monde ouvrier. Cela est visible au centre de la toile d’Uberti consacrée à saint Joseph (1900), où, à l’arrière-plan, on note la présence de charpentiers en costume contemporain et de façades typiquement parisiennes.
De même, Émile Desouches, dans son tableau de Saint François d’Assise, intègre à la foule écoutant le prêche du saint des personnages modestes qui ressemblent davantage à des travailleurs italiens du XIXe siècle qu’aux contemporains de saint François. Les éléments sculptés sur la base de la statue de Joseph Lefèvre nous renvoient aussi à l’époque contemporaine avec une façade d’usine ou une machine à vapeur.
D’autres œuvres notables participent au décor de Notre-Dame-du-Travail. Nous citerons sans nous attarder : Sainte Bibiane et Sainte Élisabeth de part et d’autre de la nef, peintes par Roy (1880-1950), ainsi que Le baptême dans les catacombes, accroché dans la chapelle des fonts baptismaux.
Dans cette même chapelle se trouve une autre toile plus ancienne que les autres œuvres visibles à Notre-Dame-du-Travail : il s’agit d’une copie de l’Assomption de Pierre-Paul Prud’hon (1758-1823) réalisée par Thérèse Donnet et datée de 1865. Elle fut peinte pour la précédente église de la rue du Texel et constitue une des rares traces du transfert des œuvres de l’ancienne à la nouvelle église.
Après le premier conflit mondial, deux tableaux de Lucien Simon (1861-1945) viennent orner la chapelle des morts. Il s’agit du Sacrifice, martyre des soldats et des Morts accueillis au Paradis par le Christ. Les œuvres présentes aujourd’hui dans l’église ne constituent cependant qu’un pan de l’ensemble qui s’y trouvait pendant l’entre-deux-guerres. De nombreux éléments ont été ôtés par le clergé en 1968 avec l’autorisation de la municipalité, notamment les barrières en bois de la nef, les confessionnaux, les statues en plâtre et le chemin de croix ; ils sont visibles sur des cartes postales anciennes.
Carte postale ancienne représentant le bas-côté droit de la nef de Notre-Dame-du-Travail. Jean-Marc Moser, 2008.
© Ville de Paris, COARC.
Les restaurations et les aménagements au cours du XXe siècle
Les années 1960 et 1970 correspondent à des années de bouleversement pour ce quartier, réhabilité en deux vagues successives. Dans le cadre du réaménagement de l’îlot Vandamme en 1960, une note du sous-directeur des Beaux-Arts indique qu’il ne s’opposerait pas à la démolition et à la reconstruction de l’église afin de faciliter son alignement dans la rue Vercingétorix. Elle est finalement épargnée et intégrée au projet de la ZAC Guilleminot, dont les travaux débutent en 1972.
L’église subit en 1974 des actes de vandalisme. Un des personnages à droite de la toile de Villé porte encore les stigmates de cet événement malgré les travaux de restauration. Avec le réaménagement du quartier par Ricardo Bofill (1939- ), l’église est dissimulée derrière la place de Catalogne et bénéficie de la proximité de jardins.
Si certaines années ont été marquées à Notre-Dame-du-Travail par une recherche de dépouillement, la période de présence du père de La Morandais est une période d’acquisition, de dépôts et de création. Entre 1984 et 1985, Henri et Geneviève Taillefert restaurent les peintures au pochoir, réalisent des fonts baptismaux à immersion en mosaïque, ainsi qu’une grande peinture murale à l’extérieur de l’église représentant la charpente métallique de la nef. Dans ces mêmes années, une complète restructuration du chœur a lieu, avec la mise en place de plusieurs œuvres de Jean-Jacques Bris, dont un grand Christ de la résurrection, un tabernacle et dans le fond de la chapelle de la Vierge, une colombe du Saint-Esprit qui dissimule probablement l’Assomption de Villé. Une Pieta de Georges Serraz est acquise et installée dans la chapelle des morts placée désormais à droite de l’entrée entre les deux toiles de Lucien Simon. La Main créatrice, une sculpture de Michel Serraz (1990) est placée dans la nef.
Plaque émaillée donnant les horaires des messes. Jean-Marc Moser, 2007. © Ville de Paris, COARC.
La Conservation des œuvres d’art religieuses et civiles (COARC) créée en 1996 a pour missions d’inventorier, de documenter et de restaurer les œuvres d’art, le mobilier et les décors présents dans les églises appartenant à la Ville de Paris.
Cet inventaire général est toujours en cours. À dire vrai, il est en perpétuelle évolution : depuis les premiers inventaires datant de la seconde moitié du XIXe siècle son champ d’intervention s’est considérablement élargi. Il semblait prioritaire au XIXe siècle d’établir la liste des tableaux, sculptures et mobiliers remarquables. Après une phase de réactualisation menée dans les années 1980, il a paru nécessaire d’ouvrir le champ d’investigation à des domaines longtemps délaissés comme l’orfèvrerie, les ornements liturgiques, les statues d’édition en plâtre, le mobilier, et de suivre les lignes directrices de l’Inventaire général.
Les méthodes de travail ont évolué et, du point de vue de l’histoire, il est indispensable d’établir une photographie la plus précise possible des œuvres, décors et mobiliers présents dans les églises de la capitale. Cet inventaire a autant vocation à établir un état à une date donnée qu’à définir la liste des propriétés respectives de la municipalité et du diocèse. Le travail de collaboration entre la Commission diocésaine d’art sacré (CDAS) et la COARC répond à un besoin administratif au moment des passations. Il matérialise également la volonté de deux entités de s’entendre afin de mieux protéger, conserver et connaître le patrimoine religieux.
Cette démarche prévaut à la fin de l’année 2007 lorsque le curé de Notre-Dame-du-Travail est remplacé. D’octobre à décembre 2007, l’inventaire est réalisé par deux conservatrices du service accompagnées alternativement de deux photographes et d’un assistant.
La liste d’œuvres illustrée de photographies numériques complète la documentation de la COARC et permet de faciliter l’état des lieux pour la passation. Trois cent vingt-cinq œuvres y figurent. Cette liste sera sûrement abondée au fil des années. Chaque œuvre reçoit un numéro d’inventaire généré à partir d’un code attribué à l’église suivi d’un numéro de photographie. Seules les œuvres appartenant avec certitude au diocèse ou à des prêtres à titre personnel ne reçoivent pas de numéro d’inventaire. Dès l’enquête de terrain, les objets sont liés à leur photographie. Une couverture photographique nécessite plusieurs clichés, afin de garder une image de toutes les faces d’un objet (certaines permettant de comprendre les techniques de réalisation de l’œuvre), de zoomer sur les détails (gros plan sur les broderies, les poinçons, les signatures). La réalisation d’une fiche d’inventaire nécessite également l’identification des matériaux quand cela est possible, et une prise de mesures.
La recherche documentaire ou archivistique en amont étaye ce travail de terrain. Dans le cadre précis de cet inventaire, les archives de Paris, les archives de l’Archevêché et la Bibliothèque Nationale de France ont été sollicitées. De longues recherches avaient été réalisées plusieurs années auparavant par d’autres conservateurs du service. Cette compilation de données représente une somme d’informations essentielle à la compréhension de l’histoire de cette paroisse. La lecture des numéros de L’Écho de Plaisance et de leur supplément, conservés à la Bibliothèque Nationale de France, permet de retracer la chronologie de cette église au tournant du siècle.
Cette publication mériterait une étude à elle seule. Quelle place tenait-elle dans le réseau des revues catholiques ? Quels étaient son lectorat et son impact sur les paroissiens ? Cette revue qui traite à la fois de la vie de la paroisse, qui prodigue des conseils en matière d’éducation des enfants, de morale, de diététique, est un formidable porte-voix pour les idées de Soulange-Bodin.
Cette étape documentaire s’est trouvée enrichie par l’inventaire in situ. Nous avons constaté que toutes les archives de la paroisse n’avaient pas été versées aux archives de l’Archevêché, et que certains documents illustrés subsistaient sur place. L’appel à souscription de 1897 et des cartes postales datant probablement de l’entre-deux-guerres nous apportent, pour l’un, des informations sur l’esprit de cette souscription et, pour les autres, une image fidèle de l’église au cours du XXe siècle. Ces cartes postales complètent les descriptions données par L’Écho de Plaisance ; elles attestent également des changements de décor survenus en moins d’un siècle. La nécessité d’un inventaire actualisé le plus large possible n’en apparaît que plus pressante. Enfin, ces cartes postales qui devaient être commercialisées, matérialisent l’attachement des paroissiens ou même des visiteurs de l’époque à cette architecture et son décor peu commun.
Une carte postale représente l’abside de la chapelle de la Vierge : une Assomption surplombe la statue de Lefèvre ; elle est mentionnée dans la Chronique de Notre-Dame-du-Travail d’avril 1903. Cette œuvre de Félix Villé complétait l’ensemble peint et sculpté de la chapelle. Elle n’est plus visible aujourd’hui mais se trouve sans doute encore derrière la colombe du Saint-Esprit signée par Jean-Jacques Bris.
La troisième étape de ce travail d’inventaire est l’analyse des œuvres et des documents rassemblés, leur comparaison avec d’autres objets connus. À terme, ces informations seront versées dans une base de données commune aux institutions patrimoniales de la Ville de Paris, offrant la possibilité de rapprochements plus aisés au sein de l’ensemble des collections parisiennes.
Qui a pratiqué l’exercice d’inventaire, sait combien il est difficile de décider d’inventorier tel ou tel objet. Dans le cas de Notre-Dame-du-Travail, un inventaire « large » a été choisi, en raison du fait que le moindre objet, le matériau le plus modeste, symbolise l’engagement individuel ou collectif de paroissiens pour meubler ce lieu.
La modestie même de ces objets nous rappelle les caractéristiques économiques et sociales de cette paroisse jusqu’à la réhabilitation du quartier dans les années 1960-1970. Prenons un exemple pour illustrer le changement de regard nécessaire qui s’opère dans ce genre d’édifice : selon une publicité publiée dans le numéro de mars 1914 de L’Écho de Plaisance, Joseph Lefèvre propose sa sculpture de Notre-Dame du Travail en édition dans différents matériaux.
Un exemplaire de ces éditions est actuellement visible dans le bureau de M. le curé. Ce tirage en plâtre de 36 cm de haut n’égale pas en qualité la sculpture originale, son intérêt est autre : il témoigne d’une piété populaire à l’époque, d’un attachement particulier pour cette imagerie, encore perceptible aujourd’hui dans les billets pliés déposés dans les interstices de la statue, sur lesquels figurent des requêtes à la Madone en lien avec le travail ou le chômage.
De même, un objet aussi modeste qu’une plaque émaillée qui mentionne les horaires de la messe aurait pu échapper à notre vigilance dans une église plus fastueuse et à l’histoire plus ancienne. Or ces plaques sont mentionnées avec enthousiasme par Soulange-Bodin dans L’Écho de Plaisance.
Donnet Thérèse, Assomption d’après Prud’hon, 1865. Jean-Marc Moser, 2007.
© Ville de Paris, COARC.
Enfin, la copie de L’Assomption de Prud’hon, dans une autre église, aurait certes été inventoriée mais ne bénéficierait pas du même statut
d’ « incunable », comme à Notre-Dame-du-Travail.
En effet, comme il a été dit précédemment, cette copie est un des rares vestiges de l’église de la rue du Texel et constituait le tableau du maître-autel. Elle rappelle également l’ancienne dédicace de l’église. Il est rare qu’une copie du XIXe siècle, même de qualité, concentre autant de motifs d’intérêt. C’est bien le rapport entre les œuvres et leur contexte de réalisation qui cristallise leur plus ou moins grande richesse historique. Cette église dont la construction est très ramassée dans le temps nous rappelle l’exigence de comprendre une œuvre dans son contexte. Pourquoi les toiles d’Uberti et de Desouches sont-elles cintrées ? On ne sait répondre, mais leur insertion dans les chapelles de la nef se comprend mieux si l’on observe les décors végétaux réalisés au pochoir qui leur dessinent un écrin.
Conclusion
Notre-Dame-du-Travail constitue un jalon intéressant dans l’histoire de l’architecture des églises parisiennes mais témoigne surtout d’un courant social au sein du catholicisme de la fin du XIXe siècle avec la figure du père Soulange-Bodin. Ce type d’église reste atypique dans le paysage parisien, mais est contemporain d’une autre réalisation innovante, Saint-Jean-de-Montmartre. Il faut attendre les « Chantiers du Cardinal » [44] à partir de 1931, pour voir réapparaître une telle ambition.
Les décors de cette église, intimement liés à leur architecture, évoquent la volonté farouche de Soulange-Bodin de mettre l’art au service de son projet social et apostolique. Ces peintures et ces sculptures tentent de recréer un lien privilégié entre les travailleurs et la foi catholique.
Outre l’intérêt historique, architectural et esthétique de cet édifice, l’inventaire dans de tels lieux exige une curiosité et une attention pour des objets très disparates et, dans l’ensemble, à la valeur esthétique limitée, à l’aune de nos critères actuels. Il est l’exemple même de l’exercice illustrant les objectifs de l’Inventaire : comprendre un patrimoine dans son contexte. L’inventaire se doit de dresser la liste des objets à la lumière des connaissances recueillies sur place, dans les archives ou en bibliothèque. Le champ de l’inventaire (c'est-à-dire le choix des objets inventoriés) est donc constamment ajusté à son territoire d’intervention, même si celui-ci se limite à une église.
Cela nous interroge sur la manière dont nous menons les inventaires dans des paroisses plus anciennes, plus riches, où les périodes les plus anciennes sont privilégiées car, en comparaison, les objets du XIXe et surtout du XXe siècle nous paraissent moins dignes d’intérêt. Or, cette évolution de la qualité des objets est visible dans presque toutes les paroisses. Nous constatons aujourd’hui que certaines productions en série, quasi-industrielles, sont devenues très rares car méprisées. À l’inverse, des pièces d’orfèvrerie ou des ornements plus anciens ont toujours bénéficié du respect que l’on voue aux matières précieuses.

Pour plus d'informations et de liens, consulter :
- l'article de Evariste Lefeuvre : Visite de Notre Dame du Travail.
- l'article de Lepiéton de Paris. Vous faire découvrir des endroits insolites de Paris, dont j'ai tiré la photo de la cloche et la dernière.
- la revue In Situ, Le patrimoine religieux des XIXe et XXe siècles dont j'ai tiré grand nombre de photos du COARC.
Pour le reste, les photos ont été prises par Anna, en ce qui concerne le bénitier, et les autres par moi pendant ces vacances de Noël, sauf la première d'entre elles qui a été prise avec mon portable à l'époque Pascale en 2007.
anti
19:43 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.04.2009
bonjour
B O N J O U R !
Cette fois, l'été est bien fini.
Il s'éloigne dans nos souvenirs gardés en photographies
instantanés de moments passés
comme des cartes postales
alors que nous filons vers le cœur de l'hiver
et que, ce faisant
nous nous rapprochons, mais oui,
de l'été à venir
22:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.03.2009
Stats

Deux ans d'existence aujourd'hui
Trois plumes pour en écrire les notes
Qu'à travers vos commentaires vous animez
Cinq continents viennent nous lire
Si ce n'est plus en comptant les aliens
C'est un bonheur que ce lieu de partage
Huit jours par semaine on s'en régale
Ne fuyons pas notre plaisir, tous ensemble nous valons
Dix sur dix
23:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.02.2009
Ste Anne
Anti a parlé il y a quelques jours de la chapelle dédiée à Sainte Anne dans le village du même nom, où vivent ses parents. On y trouve une sculpture assez unique en son genre puisqu'elle représente Anne, sa fille Marie et son petit-fils Jésus.
Comme nous étions de passage à Sainte Anne la semaine dernière, nous avons bien sûr fait une petite visite à ce lieu pour que je puisse voir cette oeuvre en vrai après l'avoir découverte sur le blog - oui, moi aussi je découvre plein de choses sur ce blog !
La chapelle en pierres est modeste et belle, au milieu d'un pré très bien entretenu. L'endroit est agréable à voir, empli de calme, comme souvent avec ce genre de sites.
A quelques mètres en arrière, sur la gauche, une petite bâtisse en pierres également recouvre un puits surmonté d'une croix en métal forgé. Elle confirme, une fois encore si cela est utile, que les vierges et autres veuves-mères sont toujours associées à l'eau, comme le faisait remarquer Anti dans le fil Sous le sceau de la vierge noire.
Le trio Anne-Marie-Jésus est éclairé par un puits de lumière naturelle, filtrée par une simple verrière orangée, ce qui donne des tonalités très chaleureuses à l'ensemble. Quelques prie-dieux, deux ou trois sculptures plus classiques et une table à l'entrée avec de rares documents paroissiaux et un dessin au crayon sur une feuille de papier.
Un dessin qui montre Anne et Marie, rien de plus normal dans une chapelle consacrée à Anne et Marie.
Anti regarde machinalement la signature. Tiens, amusant, c'est quelqu'un qui porte le même prénom qu'elle - Stéphanie dans la vraie vie.
Et là, elle reconnait son écriture et réalise que l'auteur du dessin, c'est elle.
Elle, quand elle avait 10 ans.
Elle, qui a représenté les deux mères, Anne et Marie, sans le fils mais avec ce simple mot : "Merci".
Le dessin est posé là depuis 25 ans.
Rencontre au parfum de magie tout à fait étonnant entre Stéphanie enfant et Stéphanie adulte - et mère à son tour. Sensation que le temps s'arrête ou plutôt, comme dans mes romans, qu'il fait des boucles et des échos. Ce que j'appelle les reflets inachevés.
Nous avons pris des photos et reposé le précieux document sur la table où nous l'avons trouvé. Nul doute que nous reviendrons le voir la prochaine fois que nous passerons par là.
Très belle journée à tous.
22:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.02.2009
Petits livres entre amis
Nous sommes quelques-uns, dans notre coin de la blogosphère, à écrire et diffuser des livres. Certains d'entre eux peuvent être trouvés sous forme électronique, gratuitement ou pas. D'autres ont été publiés, la plupart du temps en auto-édition.
Sur une initiative tout à fait sympathique de Voiedorée, nous avons décidé de faire un petit catalogue de ces derniers, que nous enrichirons au fur et à mesure des nouveautés. Ne figurent ici que des livres édités disponibles à la vente (d'où, entre autres, l'absence de mes trois premiers, diffusés gratuitement et totalement épuisés).
Ils apparaissent par ordre alphabétique d'auteur, à savoir : Roger Barbet (Voiedorée), Claude Colson (Monilet), Luc Doyelle (Lucius), Anna Galore, Olivier Goujon, Rosaria Mora-Laconi (Zaza) et Georges-André Quiniou.
Les textes et les informations accompagnant chaque ouvrage sont ceux fournis par les auteurs.
Coeur de l'EtreCe qui prime, c’est l’étonnement permanent, celui qui nous cloue et nous rive au présent, celui qui nous révèle vivants. Ce désir de rester stupéfait, c’est-à-dire tout autant émerveillé qu’effaré, fasciné qu’effrayé, transparaît dans le recueil poétique de Roger Barbet, capable de nous entraîner dans l’œil du cyclone ou de nous attendrir sur le miracle de la naissance. Scènes grandioses et scènes intimes, paysages spectaculaires et états intérieurs alternent ainsi dans cette œuvre où l’écriture abandonne toutes ses prétentions pour redevenir ce moyen de comprendre, par tâtonnements, par images, par détours, ce qu’est l’infinie complexité de la vie et des sentiments.
Certains le voient prophète, d’autres bohême; certains le politisent, d’autres le veulent incarnation de la liberté… Pour Roger Barbet, le poète est avant tout passeur, prisme, "intermédiaire premier, capteur de tous les sons / instrument temporaire d’au-delà la raison". Oui, le poète est une caisse de résonances. Ses textes sont un lieu de transformation et de transmission. Ils sont cet espace où la langue retravaille un matériau brut, vivant et personnel, moins pour le décrire que pour nous le faire ressentir. Cette "mission" poétique, Roger Barbet ne fait pas que la définir. Il l’applique aussi, faisant de "Cœur de l'être" un recueil où s’affirme, humble, ébahi, bouleversé, heurté, le regard d’un homme épris du monde.
10 € TTC - 100 pages
ISBN n° 978-2-748341-04-1
Pour commander l’ouvrage : www.publibook.com
Le don de RaoulRaoul est né dans un petit village de Mayenne où les traditions rythment la vie des habitants, où l’on fait toujours appel aux magnétiseurs et aux guérisseurs, lorsqu’un problème de santé touche l’un de vos proches. Un village qui subit encore les désastres de l’après-guerre mais qui se serre les coudes et qui, à défaut de richesse, vit de compassion et de solidarité. Et c’est dans ce village d’agriculteurs que Raoul entend pour la première fois une voix dans sa tête, qui le guide et le met en garde contre l’hypocrisie de ses voisins. C’est à dix ans à peine qu’il réalise qu’il a lui aussi ce fameux « don » en lui.
Un garçon simple, dans un village pauvre, se découvre un don merveilleux, qui peut aider, soulager, guérir ses amis, ses voisins, ses semblables. Un don hérité des cieux qu’il va s’efforcer de mettre au service de tous. Mais ne risque-til pas de se perdre lui-même, à force de ne vivre que pour les autres ? Ne risque-t-il pas de se faire abuser, manipuler, par des âmes malveillantes ? Le divin effleure du doigt la chronique sociale dans cette première oeuvre de Roger Barbet qui nous délivre un roman épuré pour mieux nous plonger dans l’âme, dans les doutes et les espoirs d’un homme ordinaire promis à un destin exceptionnel.
25 € TTC - 232 pages
ISBN n° 978-2-748336-21-4
Pour commander l’ouvrage : www.publibook.com
L'opérationLes rencontres et faits de la vie ne sont pas dus au hasard. Tous les évènements sont destinés à notre évolution, à condition de les accepter. Charles en allant en Guadeloupe ne savait pas qu'il allait découvrir celle qui l'attendait, qu'il devrait passer par les redoutables ténèbres de l'âme, découvrir une pratique religieuse particulière et enfin rencontrer la femme de sa vie. Il apprendra les effets du refus de laisser la vie s'écouler, les difficultés du "lacher-prise". Ce roman initiatique vous emmènera dans cette merveilleuse région antillaise, cadre paradisiaque pays de la vie facile et des passions exacerbés; ce lieu où tout devient possible et où tout se transforme et s'accèlère dès lors que l'esprit cherche à trouver sa place.
15,53 € TTC - 171 pages
ISBN n° 978-2-0108301-00-4
Pour commander l’ouvrage : http://www.lulu.com/content/4958567 ou sur le site de Voiedorée
Saisons d'une passionUn homme. Son premier livre publié narre un amour fou dans sa chronologie en juxtaposant un récit, des poèmes et un journal.
Une plongée dans les abîmes de l’âme masculine.
"La quarantaine, il mène une vie sans histoire. Survient l'Amour fou et avec lui le goût de l'écriture, qui témoigne de ce chamboulement. Six ans d'une vue orageuse rythmée par cinq ruptures.
Le récit rend d'abord compte de la fulgurance des débuts, comme des premiers avatars.
La maturité difficile de la passion se chante, dans le bonheur et la douleur exaltés, en des fragments poétiques qui constituent le coeur de cet opuscule.
Un journal enfin reflète la déréliction accompagnant la fin de la liaison, jusqu'à ce que...
Une expérience individuelle et pourtant universelle"
La forme, originale, décline ici le premier volet d’une tentative de nouvel écrit romanesque en trois genres distincts. L’histoire, autonome, est cette fois-ci linéaire, le récit chronologique.
De 13,50 € TTC auprès de l'auteur à 20,70 € en librairie - 160 pages
ISBN n° 978-2-874593-6-8-0
Pour commander l’ouvrage : Chloe de Lys ou auprès de l'auteur monilet@wanadoo.fr
Léna, une rencontreL’auteur (homme) retrace dans un récit initial, alerte, l’ensemble d’une liaison amoureuse avec une précision chirurgicale et fait défiler les images jusqu’à la description du cataclysme de l’Après, une descente aux enfers.
Des poèmes en vers libres racontent ensuite des instants de la liaison, de ses débuts à sa fin, en insistant surtout sur la phase heureuse de passion partagée.
Un journal intime vient enfin rendre compte sans concession du chaos de l’abandon.
Un texte où chaque mot compte.
Dans ce second volet (chacun étant totalement autonome) d’une trilogie formelle et thématique dont le premier est Saisons d’une passion - le troisième Toi-Nous devrait paraître fin 2009 - C. Colson adopte une forme s’apparentant à la spirale, avec reprise obsessionnelle du thème à chaque changement de genre littéraire.
De 11,50 € TTC auprès de l'auteur à 16,50 € en librairie - 150 pages
ISBN n° 978-2-874592-2-9-4
Pour commander l’ouvrage : Chloe de Lys ou auprès de l'auteur monilet@wanadoo.fr
Les liaisons presque dangereusesQue feriez-vous si l'on vous donnait la possibilité de retrouver Barbara?
Ah bon....
Lucius, lui, s'est engouffré dans la brèche. Pas très malin de sa part. Comme s'il n'avait rien de mieux à faire, entre l'Amie câline, deux Mectons débordant de vitalité, un parquet à poncer et une horde de démarcheurs de tous poils à repousser hors des limites du cercle familial. Ajoutons à cela un métier le jour, un métier la nuit, et quelques extras en qualité de "Monsieur Propre", et vous comprendrez qu'il y a de quoi finir sur les rotules.
20 € TTC - 237 pages
ISBN n° 978-2-917144-14-5
Pour commander l’ouvrage : Amazon.fr
Reflets inachevés - Volume 1 : La crypte au palimpsesteEn 481, en 1244 et en 2007, trois hommes vivent un enchaînement d’évènements étrangement semblable. Parvenus sur le Causse Méjean pour laisser leur passé chaotique derrière eux, ils y rencontrent une jeune femme muette, nimbée de mystère. Elle possède un parchemin, maintes fois ré-écrit depuis des temps immémoriaux, dans une langue oubliée qu’elle seule sait lire.
Un dément fanatique hante le Causse, convaincu de purifier les âmes des humains en suppliciant longuement leur corps.
Lorsqu’ils croiseront sa route, les trois hommes verront leur sort lié au palimpseste. La clé de certaines de ses énigmes peut faire la différence entre leur survie ou leur trépas.
Les mots seront-ils plus forts que la mort ?
« L’histoire ne se répète pas, elle bégaie ».
9 € TTC - 212 pages
ISBN n° 978-2-952805-9-4-0
Reflets inachevés - Volume 2 : Le drap de soie du tempsDeux hommes et une femme vont passer une semaine de vacances à Santorin, l'île qui a inspiré la légende de l'Atlantide à Platon. Il s'agit de Johan ("La crypte au palimpseste"), de Charlie ("L'éternel amoureux errant") et de la troublante Claire - qui va exacerber le désir des deux hommes.
Au cours d'une plongée dans la caldeira, ils trouvent des médailles minoennes, vestiges d'une terrible tragédie qui a changé la planète entière il y a 35 siècles.
Du fond d'un temple enseveli, le prêtre des Terres Noires veut à tout prix les reprendre pour calmer le courroux de Gaïa.
9 € TTC - 214 pages
ISBN n° 978-2-952805-9-5-7
Reflets inachevés - Volume 3 : La femme primordiale« Au moment de l’orgasme, ses traits ont été traversés d’expressions fugitives que je ne lui connaissais pas jusqu’alors. Sur son visage ont défilé ceux de milliers de femmes inconnues, partageant le même déferlement, le même instant.
Dans la pénombre de la chambre, elle a semblé devenir une divinité infernale, aux traits déformés par une douleur insoutenable. Sa bouche s’est retroussée, en une grimace de fauve. Elle paraissait à la fois toute-puissante et désemparée, dépassée par la décharge de plaisir qui la secouait. Sa beauté était surhumaine, habitée par une énergie déchaînée qui la transcendait.
Elle était toutes les femmes. Elle était la femme.
La Femme Primordiale. »
Un voyage initiatique autour de l'origine des mythes fondateurs de l’humanité.
9 € TTC - 212 pages
ISBN n° 978-2-952805-9-6-4
25 € TTC - 638 pages (la trilogie, port compris)
Pour commander : contacter l'auteur sur le site anna-galore.com ou sur Anna Galore Le blog
HarribitxiUne rencontre aussi inattendue qu'extraordinaire va exploser la vie de Lola, modeste employée de banque de 29 ans. Un destin exceptionnel est en marche. Jusqu'où la conduira-t-il ?
Roman atypique aux multiples rebondissements et aux personnages hauts en couleurs, "Harribitxi" peut s'apparenter à un conte philosophique moderne, associant habilement des techniques de développement personnel, des enjeux environnementaux, des manœuvres politiques au sommet de l'Etat français à travers l'évolution irrésistible de son héroïne.
Ce premier roman d'Olivier Goujon devrait interpeller chaque lecteur sur sa propre mission sur Terre. La rencontre entre Lola et un personnage merveilleux - Harribitxi - est la colonne vertébrale du récit qui a pour but à la fois de faire rêver le lecteur mais également de le sensibiliser à certaines questions essentielles et pleines de sens pour encore mieux apprécier la magie de la vie.
20 € TTC - 435 pages
ISBN n° 978-2-844701-3-6-1
Pour commander l’ouvrage : Amazon.fr ou sur le site de l'auteur Olivier Goujon
Vent de folie, vent de poésieRosaria Mora-Laconi est née en Sardaigne en 1953. Elle a émigré en France en 1959 avec toute sa famille. Installée en Lorraine depuis son arrivée, elle y vit toujours actuellement.
Après son premier recueil " Poésies en liberté ", qui a voyagé pas mal aux quatre coins de la France ainsi qu'en Inde, au Canada, à l'Ile de la Réunion et ailleurs, elle vient de donner naissance à son deuxième recueil intitulé " Vent de folie, vent de poésie ".
12 € TTC - 244 pages
ISBN n° 978-2-918301-0-1-1
Pour commander l’ouvrage : contacter Anna Galore sur le site anna-galore.com ou sur Anna Galore Le blog
Le ParadiseÉtait-il possible que je passe à ce point inaperçu tandis que je marchais dans les rues, moi qui voyais tout le monde normalement et me sentais disposé à tant de sympathie, prêt à répondre à la moindre manifestation d'amabilité? Était-il possible que les autres n'aient même pas idée que je puisse être l'un des leurs?" se demande Grégoire.
C'est alors qu’il entreprend de creuser un trou dans le sol de sa cave. Ni à ses amis les plus proches, Marianne et Jean-Louis, ni à la jolie Cynthia, l’entraîneuse qu’il a rencontrée dans un bar de nuit, il ne confiera la raison de ce comportement insolite; et pour cause: la connaît-il vraiment lui-même?
15 € TTC - 340 pages
ISBN n° 978-2-952805-9-8-8
Pour commander l’ouvrage : contacter l'auteur sur le site Georges-André Quiniou : mes livres
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04.02.2009
La Mésopotamie
Comme vous le savez, aujourd'hui les Galore partent en vacances. Pendant que nous séjournerons dans un endroit connu de nous seuls, nous vous avons préparé de quoi lire, quelques petites notes jusqu'à notre retour.
Pour ma part, je vous propose de rester en compagnie de Alexandre.
Alexandre Donders.
Il a une bonne tête non ? Alexandre est comédien à la TV, au ciné, et comédien Voix-off avec une voix à tomber par terre... Et, en plus, il écrit.
Si ! Si ! Et comme il est vraiment très gentil, il m'a autorisé à mettre en ligne sa pièce de théâtre "L'Agence", pièce qui m'avait vraiment fait rire quand je l'ai lue alors que je travaillais... dans une agence, justement ;-)
Avec lui, vous allez passer un très bon moment, nous pouvons partir le cœur léger.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, j'ai l'honneur de vous présenter...

(Vous avez l’argent ? Nous avons les comédiens !)
***
Une pièce d’Alexandre DONDERS
BERNADETTE DELAUNAY : Fondatrice et directrice de l’Agence, c’est une belle femme d’une cinquantaine d’années, tailleur gris et chignon serré, à forte personnalité. Parfois dépassée par les évènements, elle tente malgré tout de préserver les intérêts de son agence.
JACQUES : Assistant de Mme Delaunay. Personnage ambigu, il a environ 40 ans. C’est un alcoolique désabusé, chauve qui plus est, qui fait surtout acte de présence. Sa tenue est à la limite du négligé.
PEGGY : Assistante de Mme Delaunay. Elle est très jeune, dans tous les sens du terme.
MICHEL STARLIGHT : Acteur d’une trentaine d’année, pourvu d’un ego démesuré.
ALAIN NAUDIN : Auteur dramatique. C’est un homme intelligent d’environ 45 ans.
DAVID : Petit ami de Peggy, c’est un jeune homme d’une vingtaine d’années. Il n’est pas très intelligent, ce qui lui permet de former un couple équilibré avec Peggy.
L’action se déroule dans une agence artistique, au petit matin. A gauche, la porte d’entrée, sur laquelle est fixé un miroir. Au fond, toujours à gauche, la porte des toilettes. A droite, au fond, une autre porte donnant sur un genre de kitchenette. Au centre, un néon allumé où l’on peut lire « L’Agence ». Une fenêtre. Trois bureaux, respectivement placés à gauche, au centre, et à droite. Des chaises leur font face. Les deux bureaux à cour et à jardin comportent chacun un ordinateur portable et un téléphone. Le bureau du milieu comporte un ordinateur portable, deux téléphones, des documents et quelques boîtes de Fingers. Au fond, un grand portrait de la fondatrice et directrice de l’agence, Bernadette Delaunay. Un guéridon supporte un fax. Un ou deux fauteuils. Un brigadier. Un porte-parapluies semble contenir des pancartes, à droite du bureau central.
Cette Agence est surmontée dans la partie supérieure du décor, par trois fenêtres qui semblent symboliser trois appartements distincts. Ces trois appartements sont plongés dans l’obscurité.
Sonnerie de réveil stridente et désagréable. Bruits de bouteilles vides qu’on balaye de la main pour trouver le réveil afin de l’éteindre. La fenêtre située à droite du décor s’éclaire. On aperçoit un homme d’une quarantaine d’années se redresser sur le bord de son lit et plonger ses mains dans son visage. Sur le mur du fond de l’appartement, on distingue un calendrier semblant figurer un rugbyman peu habillé. Sur une table, une assiette sale, une boite de conserves dans laquelle est encore plongée une cuiller. L’homme enfile un peignoir douteux et paraît se diriger vers la salle de bains. On ne le voit plus mais la lumière reste allumée.
On entend la musique d’une série pour enfants, Le Capitaine Flam. La fenêtre située à gauche du décor s’éclaire. C’est un petit appartement, assez bien tenu. On aperçoit un grand miroir. Une jeune fille en nuisette se lève. Elle fait son lit rapidement, avec des gestes très précis, comme dans un rituel. Puis, elle semble se diriger, elle aussi, vers la salle de bains, tout en laissant la lumière de la chambre allumée.
Musique classique. La fenêtre située au centre du décor s’éclaire sur un appartement bourgeois, meublé avec goût. Au moment même ou cet appartement s’éclaire, la scène s’éclaire également. On ne voit personne se lever, mais on aperçoit assez furtivement les passages devant la fenêtre de ce qui semble être une assez belle femme d’une cinquantaine d’années d’allure assez stricte. On la voit décrocher un téléphone portable et composer un numéro.
Au même moment, le téléphone sonne dans l’appartement à droite, ce qui fait revenir l’homme dans le champ de la fenêtre. Il est habillé.
Il approche son visage du téléphone, et semble ricaner comme un fou dangereux. La femme de la fenêtre du centre, compose un second numéro de téléphone, ce qui déclenche une sonnerie dans l’appartement situé à gauche. La jeune fille revient dans la pièce principale et se met à danser de dos, face à son miroir, un micro à la main. Elle ne prête absolument aucune attention à la sonnerie.
La femme d’une cinquantaine d’années compose alors un troisième numéro de téléphone, ce qui a pour effet de faire sonner son téléphone fixe. Elle le décroche et se retrouve avec un téléphone dans chaque main. Elle semble parler, mais on ne l’entend pas. Elle raccroche les deux téléphones en paraissant soulagée. Les trois personnages disparaissent respectivement de l’encadrement des fenêtres. Les trois lumières s’éteignent en même temps.
L’agence est toujours vide. Pénombre. Un des téléphones sonne.
Un répondeur s’enclenche : On reconnaîtra plus tard la voix de Madame Delaunay.
«Bonjour, vous êtes bien à L’Agence, avant le Bip c’est à nous, après le Bip, c’est à vous.» (Bip)
Une voix plutôt jolie de jeune femme laisse un message : «Oui, bonjour, je m’appelle Fanny Lecoeur, j’ai 24 ans, je suis comédienne, je n’ai pas d’argent, pardon d’agent, et j’aurais souhaité vous rencontrer à nouveau… Vous m’aviez reçue il y’a quelques mois, et j’avais adoré l’ambiance de votre agence… Entre temps, j’ai fait deux ou trois petites choses, dont un court-métrage… Voilà, que vous dire, sans abuser de votre temps, j’ai toujours une bonne nature et je suis toujours très déterminée à travailler dans le milieu du spectacle… Je me tiens à votre disposition… (On entend le bruit d’une feuille de papier qu’on retourne. ) … A votre disposition pour vous rencontrer…Vous pouvez me joindre à mon domicile, au 01 47 61 01 87, il y’a un répondeur mais je l’interroge sans arrêt… Ah oui, j’allais oublier ! Je connais bien le réalisateur de la prochaine série : « La Petite Studette dans la Cité » C’est un ami intime… Enfin… Une relation… Comment dire…. On s’est croisés… Voilà, merci beaucoup et j’espère à très vite, au revoir, et merci.»
On entend des pas dans l’escalier. La porte s’ouvre, Jacques entre. C’est le personnage qu’on a vu dans l’appartement de droite. Sa démarche est lente, on sent chez lui une profonde démotivation. On devine également qu’il a dû se coucher tard, et pas forcément à jeun. Il se dirige vers son bureau, et en passant s’aperçoit de la présence d’un message sur le répondeur de Mme Delaunay. Il appuie sur la touche «play», il s’agit du message que l’on vient d’entendre. A : «…J’ai 24ans et je suis comédienne… » Il efface le message, comme si de rien n’était, et va s’asseoir à son bureau. Le téléphone sonne, le répondeur s’enclenche, Jacques laisse sa main suspendue au-dessus du combiné et écoute.
«Bonjour, vous êtes bien à L’Agence, avant le Bip c’est à nous, après le Bip, c’est à vous.» (Bip)
Une voix de femme un peu ironique laisse un message : «Bonjour. Maître Lacasse, huissier de justice est passé hier, mais vous étiez déjà partie. Apparemment vous fermez tôt le jeudi soir. C’est bien, vous répétez pour la grande fermeture définitive. Ne vous relâchez pas, la première, c’est ce soir ! (Rire cynique.) Le commissaire de police et le serrurier, c’est nous, les déménageurs, c’est vous. Bonne journée.»
Jacques efface ce nouveau message et porte les mains à son visage quelques secondes, comme quelqu’un de très fatigué, puis se relève, et se dirige vers le miroir fixé sur la porte d’entrée.
JACQUES, se regarde, puis, de façon assez étrange, dit : Bienvenue en enfer…
On entend à nouveau des pas dans l’escalier. Jacques retourne à son bureau en courant à moitié, comme un gamin pris en faute.
Entrée de peggy. Elle est suivie de son petit ami David. Peggy, sans même remarquer Jacques, dont elle ne soupçonne pas la présence, dit :
PEGGY : Bonjour tout le monde ! …
Elle pose un énorme sac de courses et une grande enveloppe bleue sur son bureau, et s’assoit. Entre David. Ils ne voient pas Jacques qui se tient immobile. David s’assoit à moitié sur le bureau de Peggy, dos à Jacques. S’ensuit une scène de flirt assez soft mais pesante dans la durée, ponctuée de gazous gazous débiles et autres fadaises, du style :
PEGGY : Non, arrête, je suis débordée là… Non pas là… Non pas là… Non pas là non plus… Non, là encore moins…
DAVID : Je t’aime, Peggy, je veux t’épouser, je veux vivre avec toi … J’adore tes… ton… chemisier.
PEGGY, en essayant de se débarrasser de David : Mais moi aussi, mais… Bon, ça suffit, assieds-toi normalement, tu vas abîmer tous mes crayons de papier ! (David s’assoit sur la chaise qui fait face au bureau de Peggy. Elle range son bureau. Un temps.) Voilà. Comme ça, si le téléphone sonne, je suis opérationnelle !
DAVID : Ca veut dire quoi ?
PEGGY : Je sais pas trop. C’est la vieille qui m’a dit qu’il fallait que je sois opérationnelle, sinon elle dit qu’elle pourra pas me garder.
DAVID : Tu veux dire, ta tante ?
PEGGY : Ben oui, la vieille… Je crois que ça veut dire qu’il faut que mes affaires soient toujours bien rangées. Bon, les courses pour notre petit dîner d’amoureux de ce soir sont là, tout est en place… Alors, qu’est-ce que tu me disais… Ah oui, que tu m’aimes. Bon, admettons. Alors, fais-moi une déclaration d’amour.
DAVID : Une quoi ?
PEGGY : Comme dans les films au cinéma. Tu te lèves respectivement, et tu me déclares ta… ta truc, là…
DAVID, ne comprenant pas : Ma quoi ? Ma flamme ?
PEGGY, pesant ses mots : Oui, ce que tu veux, ta flamme, ton chalumeau, ton brasier, tu me déclares, quoi ! Tu me dis que tu m’aimes comme si c’était vrai, mais avec tes mots à toi. Et après tu m’implores pour que moi aussi je te dise que je t’aime. Et puis après on pleure parce qu’on s’aperçoit que finalement tout ça, ça va pas être possible…
DAVID : Qu’est-ce qui va pas être possible ?
PEGGY, qui a perdu le fil, s’énervant : Mais je sais pas, moi ! Complique pas ! On te demande de dire que tu m’aimes, ça doit quand même pouvoir s’inscrire dans le domaine de l’envisageable !
DAVID, mal à l’aise dans cet exercice : Ouais, Peggy, je voulais te dire que… T’es… T’es cool… Tu… Tu me fais bien…
PEGGY, perdue dans ses rêves : Ouais…
DAVID : Et que… Même si notre amour est impossible… Et qu’on sait pas trop pourquoi d’ailleurs… Je voudrais que toi aussi tu me dises que tu m’aimes… Allez vas-y ! (Dans un accès lyrique, et en larmes puisqu’il a cru comprendre qu’il fallait pleurer.) Oh, allez, je t’en implore ! Je t’en implore fortement ! Dis-moi que tu m’aimes !
Au moment où Peggy va lui dire qu’elle l’aime, Jacques fond sur David en sautillant, le prend à bras le corps et lui hurle :
JACQUES : Je t’aime !
David a une peur effroyable, Jacques est secoué de spasmes, tellement il rit. David reprend son souffle en disant plusieurs fois :
DAVID : Ah, Il m’a fait peur, le con !
Jacques retourne à son bureau, en larmes. Peggy n’a pas bronché, elle est consternée par l’attitude de Jacques.
PEGGY, glaciale : C’est pas très sympa de faire ça, Jacques ! Ca ne te portera pas bonheur ! (Un temps.) Je te préviens aimablement que je vais le dire à la vieille ! Et elle prendra les décisions qui s’interposent ! (Peggy est vraiment très énervée. Dans ces cas là, elle taille rageusement des crayons de papier, en secouant la tête et en marmonnant.) C’est pas sympa ! (David, un peu remis, tente une approche des plus romantique sur Peggy, qui l’envoie promener d’un geste de la main, un peu comme on chasse une mouche, en disant : ) Même pas dans tes rêves ! (Il se lève.)
DAVID, dans l’indifférence générale : Bon, je vais y aller doucement. Faut que je répare mon scooter. Quand il sera réparé, je pourrais enfin trouver du travail. Comme ça, avec les sous, je pourrais t’acheter une bague… (Pas rancunier, il se dirige vers Jacques pour lui dire au revoir. Il lui tend la main, mais Jacques ne la voit pas, paraissant plongé dans un dossier important.) Comment ça va, Jacques ?
JACQUES, sans relever les yeux : Comme d’habitude, en pire.
DAVID : Qu’est-ce que tu fais ?
JACQUES, fier et humble à la fois : J’écris un poème… Oui, c’est un peu ridicule à dire, mais je voudrais léguer une trace de mon passage au genre humain, et…
PEGGY, s’engouffrant, dans un souffle sarcastique : Esscuse-moi, mais, pour ton information, le genre humain, il te trouve pas très sympa ! Tu vois… Même limite pas sympa du tout ! Alors, laisse-le tranquille, le genre humain, laisse-le où il est ! Il t’a pas demandé l’heure qu’il est, le genre humain, et si tu veux mon avis, il se passerait bien de ta présence, le genre humain … (Regards réprobateurs des deux hommes. Peggy recommence à secouer la tête et à dire :) C’est pas sympa ! David retourne dans sa conversation palpitante avec Jacques.
DAVID : Ca parle de quoi ?
JACQUES, très pro : Ca se passe en hiver, vers la fin de l’année. C’est un gars qui n’aime plus sa femme, et qui lui demande de partir, parce que le bail est à son nom à lui. En fait, j’ai pratiquement fini, mais j’ai un problème à la fin. Tiens, écoute. C’est pas long, y’a que deux
strophes :
Non, je ne t’aime plus…
Puisque j’te l’dis, ça doit être vrai !
Si c’est pas vrai, j’me r’connais plus,
Puisque j’te l’dis, que je n’t’aime plus.
PEGGY : Il va pas s’en relever, le genre humain !
Nouveaux regards réprobateurs des deux hommes. Un temps.
DAVID : C’est très beau. On comprend bien qu’il l’aime plus, et en même temps, il y’a comme un doute, quand il dit : Si c’est pas vrai, je me reconnais plus. En fait, il l’aime encore ?
JACQUES, à qui David vient de poser une colle : Je sais pas s’il l’aime encore, tout ce que je sais, c’est qu’il veut qu’il parte, tu m’embrouilles, là ! C’est déjà pas facile… En fait, le plus dur à trouver, c’est la rime ! Tiens, tu vas comprendre :
J’crois que tu t’souviens ou se trouve la porte.
J’te l’ouvre, la porte, pour que tu sortes.
Fait froid, dehors, mets ta doudoune…
Et, là, je bloque !
Je voudrais trouver une phrase de fin qui résume l’ensemble, en même temps un peu symbolique de son envie qu’il parte, et qui rime avec doudoune. C’est pas évident… (Pas convaincu.) Y’aurait bien « Surboum », Mais bon…
DAVID : Remplace doudoune par autre chose, je sais pas, moi, veste, smoking, gilet pare-balles…
JACQUES : Et pourquoi pas anorak ou scaphandre ? Non, non, j’aime bien doudoune, c’est un mot qui sonne bien, musical et profond, sans être pour autant trop poétique. Et puis, c’est un mot original, tu savais que Victor Hugo l’avait jamais employé ? Eh oui, mon gars, jamais. Je le sais, j’ai vérifié…
DAVID : Y’a pas que lui comme poète…
JACQUES : Tu fais allusion au petit Musset ?
DAVID : Oui… Je ne sais pas… Entre autres…
JACQUES : Fais attention à ce que tu dis, mon grand ! Y’a pas de « Oui, je sais pas, entre autres, en littérature ! » C’est un peu plus précis que ça ! Y’a le grand Victor, et puis y’a la racaille, les écrivaillons de banlieue à la Nerval, les pigistes façon Lamartine, et tous les autres infâmes boutiquiers du stylo, les littérateurs de gare, comme Stendhal ou Maupassant ! Il faut te cultiver de temps en temps ! Tu connais pas Yahoo et Google ?
DAVID : C’est des poètes russes ?
JACQUES, l’air fatigué : Tu sais, j’aurais pu être le nouveau Picasso du quatre couleurs, mais je suis pas né au bon moment.
PEGGY : Si c’était pas le moment pour toi de naître, pourquoi t’es né, alors ?
JACQUES, ignorant Peggy : Donc, si je te dis que «Doudoune», c’est un des mots les plus poétiques de la langue française, c’est que j’ai mes raisons. Tu peux pas comprendre, t’es pas un artiste !
PEGGY : Eh, l’artiste, le genre humain il te comprend pas ! Elle rit. Nouveau regard réprobateur des deux hommes.
JACQUES, à Peggy : T’as fini de tailler tes crayons, toi ? Parce que j’en ai d’autres à ta disposition, si tu veux, et puis, pour que tu les trouves plus facilement, je pourrai aussi te les planter dans la gorge !
à suivre...
anti
15:46 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
02.02.2009
Test fonts
Point de départ normal
Ceci est un test
Ceci est un test
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Retour à la normale
15:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.02.2009
Cinémascope

Nouveau look pour notre blog, nous passons en écran large. L'ancienne mise en page n'était pas désagréable mais présentait un certain nombre de petits désagréments.
Le principal d'entre eux était, bien sûr, l'étroitesse de l'affichage, en particulier pour les photos - or, nous en utilisons beaucoup, quasiment une par note et souvent beaucoup plus.
Le cadrage actuel nous permet d'utiliser enfin toute la largeur de l'écran, ce qui nous permettra de jouer sur nos mises en page de façon beaucoup plus variée. Pour vous en convaincre, jetez par exemple un coup d'oeil sur cette note.
Il est possible qu'un certain nombre d'articles déjà en ligne se retrouve avec une présentation qui demanderait quelques ajustements pour bien coller avec le nouveau format. Nous modifierons les plus visités d'entre eux.
Quant aux nouveaux, ils seront d'emblée beaucoup plus agréables à parcourir. Au passage, nous avons un peu grossi la taille des caractères utilisés dans les notes, augmentant ainsi encore plus votre confort de lecture. Petite cerise sur le gâteau, la pub Expedia clignotante qui se trouvait à droite de l'écran se retrouve poussée tout au bas de la page.

Merci à Startine qui m'a envoyé les instructions permettant d'obtenir ce résultat. Elle le tient elle-même d'un autre utilisateur de Blogs de Voyage qui se nomme Jyemji et dont le blog est ici.
Très belle journée à tous
23:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


